Comment fonctionne Ethnopoly?

Comment fonctionne Ethnopoly

Est-ce que l’intégration peut se faire dans le cadre du divertissement ?
Oui, Ethnopoly en donne la preuve ! La commune ou le quartier deviennent un immense plateau de jeu où l’on entre dans l’appartement de Madame Sissako, de Monsieur Muller ou de la famille Dubiczic. Des enfants ou des ados « voyagent » pendant une journée dans leur quartier ou leur commune et rendent visite à des personnes issues de différents pays du monde. Ils apprennent ainsi à mieux connaître leurs voisins, pas seulement leurs histoires personnelles et leurs origines, mais aussi leur perception de leur nouveau pays, la Suisse.
Les beaux souvenirs qui resteront dans le cœur de tous les participants et les émotions vécues aideront à établir un nouveau regard et dialogue constructif entre les tous participants !
Depuis qu’Ethnopoly existe en Suisse, des éditions toutes différentes l’une de l’autre ont eu lieu dans différents communes et cantons. Le concept et les règles d’Ethnopoly sont flexibles et peuvent s’adapter aux contextes et aux possibilités de chaque organisateur du jeu. Vous n’êtes jamais seuls dans cette aventure: l’association Ethnopoly Suisse a pour mission de vous accompagner dans votre projet et vous aider à dessiner les contours de celui-ci : âge des participants, sur temps scolaire ou pas, esprit du jeu (compétitif ou collaboratif), etc.
Elle vous appuie pour identifier les partenaires à mobiliser pour assurer le bon déroulement du jeu : écoles, institutions locales, associations de quartier, familles hôtes, accompagnants, etc. ainsi que les soutiens financiers possibles.

 

Le concept pédagogique d’Ethnopoly

Souvent, la migration, l’intégration et même la pluralité culturelle sont des concepts perçus de manière négative. Grâce aux multiples rencontres que font les enfants au cours de la journée, Ethnopoly mise sur les émotions, les images positives et l’échange de vive voix pour promouvoir des valeurs telles que la tolérance, le respect et l’ouverture vers l’autre.
Il s’agit surtout de faire vivre aux participants la diversité culturelle et d’encourager une certaine prise de conscience sur les différentes façons de s’intégrer dans la société d’accueil.

 

Quelques exemples

Exemple 1: Jeu avec actions d'intégration

Le projet à Schauffhouse 2004 a été lancé par le groupe de travail du quartier Birch et les organisateurs du projet « Impulstage gegen Gewalt und Rassismus ».

A Schaffhouse, ce sont les jeunes participants qui ont été directement mobilisés pour le projet et pas les institutions. Cela dit, le projet s’est organisé en collaboration avec les grandes organisations des jeunes Cevi/Pfadi, des communautés d’églises, des centres de quartiers et des écoles qui, a leur tour, ont fait campagne auprès des jeunes.

Dans l’ensemble, 150 enfants et adolescents ont participé au projet Ethnopoly de Schaffhouse. Près de la moitié des participants avait moins de 12 ans.  Ceux-ci étaient accompagnés par des adultes.

Il y avait, à côté des visites de postes, des activités appelées « épreuves libres » : dès le poste de départ, les groupes pouvaient résoudre de petites épreuves ayant un rapport avec le thème de l’intégration et de la culture et ainsi collecter plus de points.

Les règles du jeu se basaient fortement sur celles du jeu célèbre « Monopoly » , auquel Ethnopoly doit aussi en partie son nom. Comme les maisons et les hôtels du damier, les groupes pouvaient décider au niveau de chaque poste, s’ils voulaient acquérir des « actions » d’un poste. Les autres groupes qui visitaient plus tard les mêmes postes, devaient accorder au premier une location sous forme de monnaie de jeu « ethnos ». Le gagnant fut celui qui avait accumulé la plus grosse somme d’ « ethnos » à la fin du jeu.

 
Exemple 2: Collaboration avec les écoles

Dans le cadre du lancement d’Ethnopoly se sont rassemblés plus de 500 élèves entre 13 et 16 ans à la place fédérale où ils ont été regroupés en groupes de 4. Ils ont reçus des billets de transports public valables toute la journée, un plan de la ville et une liste d’environ 70 postes sur laquelle ils pouvaient choisir librement le poste qu’ils voulaient visiter.

La visite de chaque poste était récompensée par une assiette de prime sous forme de points. Avec l’aide des dés lors des visites, les groupes pouvaient acquérir des points supplémentaires. Tout le jeu a été coordonné par une centrale téléphonique : à la fin de chaque visite les groupes devaient appeler une des 12 lignes de téléphone. Ainsi les visites ont été enregistrées dans un logiciel spécialement conçu pour Ethnopoly et le nombre de points était automatiquement calculé. Dans les semaines suivant le jeu, une équipe d’Ethnopoly a visité chaque classe participante au jeu et a dispensé 3 périodes de cours sur le thème de l’intégration. Les points rassemblés lors du jeu par les membres de la classe étaient convertis en argent réel. Les classes pouvaient  avec l’aide de cet argent réaliser de petits projets d’intégration qui ont été planifiés pendant les leçons avec les équipes d’Ethnopoly.

 
Exemple 3: Ancrage dans le quartier

Ethnopoly Plan-les-ouates 2009 : organisation dans le quartier par une classe de 10ème.

Le projet Ethnopoly de Plan-les-Ouates (agglomération de Genève) fut planifié et réalisé par les élèves d’une classe de 10ème année. Le jeu en lui-même était un travail de projet dans lequel en plus de l’organisation d’autres tâches – comme la documentation à travers un film et la conception d’affiches publicitaires – devaient êtres réalisées.

En plus de la classe qui était responsable du projet, d’autres organisations et institutions de Plan-les-Ouates étaient impliquées depuis le début. L’extraordinaire ancrage local a donné au projet un aspect particulier. Cela s’est répercuté aussi sur le budget dont la commune a pris une grande partie en charge.

Au jour du lancement, se sont réunis environ 250 élèves âgés de 9 à 11 ans dans la cour de l’école.
Ils furent répartis en groupes de 6 et accompagnés par une personne adulte. Le jeu s’est déroulé essentiellement dans le quartier  autour de l’école. Ainsi, tous les postes pouvaient être visités à pied. Contrairement à d’autres projets, les élèves avaient un parcours pré-établi chez les familles à visiter et il n’y avait pas de points à gagner.

Le jour du jeu fut couronné par une grande fête de quartier avec différentes prestations culturelles et des spécialités culinaires de toute sorte.